Ricardo Méndez a débuté sa carrière de flic à la Brigada Politico-Social de Franco en 1942…
Son refus systématique du dépassement de lui-même au service d’un idéal dévoyé et son culte de l’insignifiant tel décrit dans les oeuvres de Milan Kundera a brisé net une brillante carrière pourtant promise par sa hiérarchie…
L’officier de police a baclé les enquêtes dont il avait charge. Il a alors mis à profit un temps libre jugé insolent par ses collègues en fréquentant les lieux de vie nocturnes barcelonais et en dévorant les livres…
Dans un précédent article, Méndez avoua… Il a vraiment lu les 3 tomes « Les origines du totalitarisme » de Hannah Arendt.
- T1 : Sur l’antisémitisme,
- T2 : L’impérialisme,
- T3 : Le totalitarisme.
et a complété sa lecture par « Le procès Eichmann« .
Le flic indigent et alcoolique aime approfondir les choses et s’est étonnamment surpassé en décodant le magnifique ouvrage de Johann Chapoutot, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne – Paris IV : Libres d’obéir : le management, du nazisme à la RFA.
Bien sûr, avoir lu ces livres au nombre de pages respectable ne lui donne aucune légitimité ! L’homme de loi méprisé mais toujours respecté par les prostituées de son quartier poursuit ses recherches sur la notion essentielle révélée par Hannah : la banalité du mal.
Si un ivrogne illéttré ou une catin insignifiante et aveugle de surcroit, venaient un jour à parler philosophie avec lui, il ne citerait pas les ouvrages arides cités supra, Oh que non ! Pourquoi décourager par trop de complexité ?
Une première approche illustrative de ce qu’est la banalité du mal est « La Zone d’intérêt », de Jonathan Glazer qui signe un film glaçant sur le quotidien de Rudolf Höss, commandant d’Auschwitz.
Une autre approche plus philosophique mais à la portée de tous de la banalité du mal est réalisée dans une conférence d’Annaëlle Mehr.
Annaêlle, en une demi-heure, résume très explicitement le raisonnement d’Hannah Arendt… Quel exploit !
Le point de départ est remarquable :
Un homme banal est un homme qui ne pense pas.
Ce qui distingue l’Homme des autres êtres animaux ou végétaux ou même d’une machine fut-elle pourvue d’Intelligence dite Artificielle est qu’il est pourvu d’une conscience morale qui découle de sa capacité à rendre des comptes à son alter-ego ! Il est capable de faire des choix, non pas de manière programmée, algorithmique mais en faisant fonctionner son libre-arbitre (malheureusement limité par sa niche environnementale aurait démontré Henri Laborit).
Annaëlle Mehr enfonce le clou :
Notre conscience a conscience de ce qui est sacré… La vie humaine est sacrée…
Annaëlle Mehr
Mais il faut conserver le pouvoir d’avoir du pouvoir… sur soi-même, s’autoriser à ne pas faire…
Le totalitarisme, selon Hannah Arendt, s’appuie sur les préceptes infra :
- un idéal dévoyé, détourné vers l’ombre,
- un détournement de l’universalisme (destruction de la pluralité, de l’opposition pour garantir l’unité),
- une emprise pour empêcher l’émergence de l’individu (l’homme est atomisé),
- une raison qui tourne à vide : le parti a toujours raison.
Actuellement s’interroge le vieux flicard, le techno-scientisme est bien un idéal dévoyé… Celui du dépassement de soi, de la notion de sur-homme, d’immortalité, de suprématie de la machine sur l’Homme… Un idéal prôné par Elon Musk par exemple…
L’homme est-il vraiment capable de libre-arbitre ?
Ricardo Méndez
A cette question essentielle, Henri Laborit répondrait que la capacité d’agir, d’imaginer pour chacun de nous est très limitée car dépendante de notre « niche environnementale »… Le biologiste donne néanmoins des clés pour s’en échapper… Par la drogue pour certains, par l’imagination pour d’autres…
L’humain est « un » et « pluriel » à la fois… Comment concilier les 2 ?
Ricardo Méndez
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