Les plus lettrés des lecteurs des minutes philosophiques et dérisoires de Ricardo Méndez auront reconnu le titre d’un des ouvrages d’Albert Londres né en 1884 à Vichy et disparu en mer dans l’incendie du Georges Philippar en 1932 dans le golfe d’Aden, au large du protectorat d’Aden (auj. Yémen).
Albert Londres est un journaliste, grand reporter et écrivain français qui a donné son nom au prix récompensant chaque année en France un reportage de qualité et qui reste une référence pour le journalisme d’investigation. Il est également un des plus célèbres commentateurs du Tour de France.
Au-delà de la course, du peuple des bas-côtés, le journaliste parle de l’intérieur, parfois crûment, des souffrances — À l’entrée du col, Alavoine est jaune, ce n’est pas qu’il ait ravi le maillot à Bottechia : c’est qu’il a la colique — , de la drogue — « Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez… De son sac il sort une fiole : Ça, c’est de la cocaïne, pour les yeux, ça c’est du chloroforme, pour les gencives…
Albert Londres, les forçats de la route.
Le flic désinvolte ne s’est intéressé à lui qu’en août 2024 après avoir visité sa maison natale sis à Vichy.

En Inde. Pour apprécier pleinement cet ouvrage, il faut avoir séjourné au moins une fois dans cet immense pays, considéré actuellement comme étant la quatrième puissance économique mondiale. L’Inde, sauf peut-être dans les très grandes métropoles dorénavant assez occidentalisées, n’a pas abandonné ses traditions souvent basées sur des rites religieux ni certains modes de vie en total décalage avec l’Occident.
Albert Londres a écrit cet ouvrage en 1922 à Calcutta. Son récit semblera presque actuel à un voyageur encore pourvu de ses 5 sens physiologiques… La belle écriture d’Albert Londres est fluide, précise comme des coupes au scalpel et chargée d’humour. Pour celui qui a traversé l’Inde, la seule lecture de ce petit ouvrage de 86 pages réactivera dans son cerveau les sensations liées aux odeurs émanant d’égouts à découvert, d’épices, de boissons ou de pan… L’odeur du bétail aussi…
Un savant qui descend au fond de la mer ne se trouve pas dans un monde plus inconnu que le monde qui s’offre au Blanc dans les dédales de Calcutta. Si l’étonnement asphyxiait, vous y tomberiez raide mort.
Albert Londres
Les enfants nus fouillent dans les tas d’ordures, y cherchant des mangues ou des oranges mal mangées. Des femmes accroupies, faux diamants incrustés dans l’aile du nez, vendent les chiques de bétel. La ville entière est semée de crachats rouges. On ne la croirait habitée que de phtisiques au dernier degré.
N’hésitez pas à dévorer ce magnifique petit ouvrage ! Parfait pour patienter dans une gare (indienne, bien entendu !) ou une salle d’attente médicale !
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