Green IA or unplugging IA ?

Après une mission mouvementée dans le Sud de la France, nous retrouvons l’Inspecteur Ricardo Méndez, toujours en attente d’une promotion depuis une quarantaine d’années de service en qualité d’Officier de Police deuxième classe à Barcelone.

11h46, Barcelone, Orient Express Cocktail Bar, tout près des Jardines de Emma. Table 6 au fond de la salle. Le clair-obscur généré par l’éclairage d’un néon de plafond diffusant une lumière verdâtre ne parvient pas à dissimuler une étiquette de table 12 x 4 x 3 cm en étain. Sur ce support se trouve gravé le mot « Reserved ». Derrière des volutes de fumée pouvant laisser croire à un foyer d’incendie, se dissimule l’Inspecteur, une Boyard papier maïs dosée à 2,95 mg de nico achetée en contrebande à la main gauche. La droite semble capturer un verre de vin blanc Karim Vionnet, millésime inconnu.

Les yeux injectés de sang du flic dépassé semblent parcourir un article en date du 1er octobre 2025, publié dans le journal indépendant français Mediapart (accès réservé aux abonnés) et écrit par Jade Lindgaard.

Green IA

Le titre de cet article interpelle forcément Ricardo : « IA : un rapport alerte sur le risque de conflit d’usage de l’électricité« .

« risque de conflit d’usage de l’électricité ». C’est propre. C’est lisse. Joliment dit.

Ricardo Méndez

En fait, Jade Lindgaard ne fait qu’offrir aux lecteurs un très bref résumé d’un rapport du : « IA, données, calcul : quelles infrastructures dans un monde décarboné ?«  en accès libre et publié en octobre 2025 par Shift Project.

L’enquête du vieillard alcoolique mais néanmoins assermenté peut commencer… Les premiers éléments du dossier sont sur la table 6 de l’Orient Express Cocktail Bar. Une drôle d’odeur se dégage…

Chercher à qui le crime profite… Qui se cache derrière le Think Tank Shift Project ?

Ricardo Méndez

La page 4 du rapport ne nous donne pas beaucoup d’informations sur les véritables objectifs de cette organisation.

A propos du Shift Project


Le Shift Project est un think tank qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone. Association loi 1901 reconnue d’intérêt général et guidée par l’exigence de la rigueur scientifique, sa mission est d’éclairer et d’influencer le débat sur la transition énergétique et climatique en Europe. Il est soutenu depuis 2010 par des grandes entreprises françaises et européennes ainsi que par des organismes publics, des associations d’entreprises et des PME. Il est épaulé par un réseau de dizaines
de milliers de bénévoles regroupés au sein d’une association loi 1901 : The Shifters, créée en 2014 pour apporter un soutien bénévole au Shift Project. Il ambitionne de mobiliser les entreprises, les pouvoirs publics et les corps intermédiaires sur les
risques mais aussi et surtout sur les opportunités engendrées par la « double contrainte carbone » que représentent ensemble les tensions sur l’approvisionnement énergétique et le changement climatique
. Sa démarche est ainsi marquée par un prisme d’analyse particulier, fondé sur la conviction que l’énergie est un facteur de développement de premier ordre : dès lors, les risques induits par le changement climatique, intimement liés à l’usage de l’énergie, relèvent d’une complexité systémique et transdisciplinaire particulière. Les enjeux climat-énergie conditionnent l’avenir de l’humanité ; il est donc nécessaire d’intégrer cette dimension le plus rapidement possible à notre modèle de société.

En page 4 du rapport sus-cité.

Le surligneur de Méndez s’agite au dessus du document et met en évidence l’essentiel (le gras est de Méndez).

Méndez soupira (de dépit), aspira (sa Boyard papier maïs) et absorba (une goulée de vin).

Du Greenwashing, de toute évidence !

Ricardo Méndez

L’Inspecteur est un bon flic, d’ailleurs respecté par toutes les prostituées de sa ville. Il se murmure même, sur le zinc de certains bars, que certaines seraient secrètement amoureuses… Il ne se contente pas d’une présomption. Tel un chien de chasse, il ne lâche jamais le morceau.

L’article de Wikipedia enfonce le clou et Ricardo laisse le soin au lecteur de s’y reporter. Les incrédules pousseront plus loin les investigations…

A aucun moment cette association et laboratoire d’idées au service de la grande industrie ne lance l’embryon d’un vrai débat…

  • L’IA est-elle vraiment une révolution technologique ?
  • L’IA garantit-elle le libre-arbitre et la liberté de chaque citoyen ?
  • L’IA ne creuse-t-elle pas les inégalités entre les individus ?
  • In fine, L’IA est-elle au service de l’Humanité ?

Pour l’honnête homme, tel que Nicolas Faret le concevait, les réponses sont évidentes. Et, de facto, toute forme de Greenwashing est… inacceptable.

Unplugging IA

Donc la solution consisterait à « débrancher l’IA« . La survie de l’espèce humaine serait conditionnée à la capacité de l’Homme à penser des solutions binaires (IA ou non-IA) et à basculer des interrupteurs (pluggin, unpluggin).

Quelle naïveté !

Ricardo Méndez

L’IA n’est qu’un simple outil au service des scientistes, des industries du numérique (qui fabriquent ou utilisent cet outil), des dominants et notamment des politiques. Cet outil est un composant essentiel dans le capitalisme de plateformes dont les mécanismes techniques ont été décrits dans LE premier article de l’Inspecteur sur ce blog et qui fait référence à la MIC (Matrice d’Interconnection et de Contrôle).

A lire ou relire !

Yánis Varoufákis a brillamment analysé dans son ouvrage « Les nouveaux serfs de l’économie » , les mécanismes économiques qui ont permis d’élaborer les premières fondations du capitalisme de plateformes. L’histoire est récente mais passionnante et méconnue.

Existe-t-il une solution viable ?

L’IA est un outil au service de quelques centaines de riches ou de politiciens désireux de renforcer à tout prix leur pouvoir et leur dominance. Cet outil n’est rien en lui-même. Le problème est que les dominants suscités l’ont intégré dans la fameuse Matrice pour contrôler, asservir les populations et piller les richesses collectives à leur seul profit.

C’est donc bien la MIC qu’il faut détruire… car désormais, tout repose sur elle à travers une multitude de plateformes numériques.

Faut-il vraiment arrêter la machine comme le propose Félix Tréguer dans son ouvrage « L’utopie déchue » ?

Pour aller plus loin et débattre ensemble, je propose aux rares lecteurs du policier asocial mais lucide, de dévorer son article récent qui propose une méthode pour tenter de détruire la MIC :

En guise de conclusion : pourquoi est-ce si important de détruire la MIC ?

Toutes les activités humaines et surtout les plus délétères s’appuient sur la Matrice…

Supprimer la Matrice (ou même peut-être seulement en évoquer l’idée ce qui ne rassurerait pas le marché financier !) serait analysé comme une forme de chaos pour les industriels et gouvernements mais, a contrario, comme une libération pour les populations.

Sans MIC, moins d’industries concentrées à échelle mondiale (l’agriculture par exemple), moins de polices répressives, moins de menottes numériques, plus de liberté pour les citoyens, plus d’écologie, davantage de productions relocalisées… La liste est très longue.

Le choix de l’Homme

Refuser ou… s’accommoder (Shift Project !). Dans ce dernier cas, nous serions bientôt, tous, « libres d’obéïr » (Johann Chapoutot).

Ricardo Méndez

Et, plutôt que d’aller droit dans le mur en accélérant tout en sabotant les freins, tournons un instant la tête vers l’arrière et relisons quelques grands philosophes et/ou scientifiques. Méndez n’en citera qu’un seul ici : Joseph Weizenbaum qui a passionné Ricardo lors de la lecture de « Puissance de l’Ordinateur et Raison de l’Homme, du Jugement au Calcul » édité en 1976 et traduit en français en 1981. Joseph avait déjà tout dit !

Il n’y a rien de commun entre décider et choisir.

Joseph Weizenbaum

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